L’ancien bourg castral de Haut-Buzet, un patrimoine unique

Le château de Buzet, ses fabriques architecturales, et son parc de 11 ha sont inscrits aux monuments historiques depuis 1989. Cet ensemble dont les origines remontent au Xe s. fut, jusqu’au milieu du XIXe siècle, au cœur du bourg castral de « Haut Buzet ». Le château cohabitait alors avec les maisons des habitants, la mairie
(disparue aujourd’hui), l’église du village, en
ruine aujourd’hui, le cimetière, le potager… Depuis, le village s’est
transformé en parc paysager
.

Histoire

Le château de Buzet apparaît pour la première fois peu après l’an mil, comme une forteresse du comte Sanche de Gascogne (mort en 1032).

Au XIIIe siècle, deux co-seigneurs se partagent le site (Les Rovignans et les Savignac, puis les Piis), sur lequel se font face deux châteaux (il ne reste aujourd’hui du second château, aussi nommé ‘vieux château’, détruit au XIXe siècle, qu’une tour isolée).

Le lieu est disputé par les rois de France et d’Angleterre : en 1292, la capture puis l’incendie partiel du château par des hommes du roi d’Angleterre alors que le seigneur s’était placé sous la sauvegarde du

roi de France est à l’origine de la confiscation de la Guyenne par Philippe le Bel et d’une guerre entre les deux royaumes (1294-1303), avant-goût de la guerre de cent ans.

Acheté par les Albret en 1385, Buzet fut vendu aux Noaillan en 1445, puis passa en 1506 aux mains de la famille de Grossolles de Flammarens, sans quitter la vassalité des Albret jusqu’à ce qu’Henri IV devienne roi de France. Les Grossolles firent de grands travaux qui donnèrent au château une forme proche de celle encore visible. C’est dans ce château récemment rénové que toute la cour du roi Charles IX, accompagné par Catherine de Médicis et le futur Henri IV, séjourna en 1565.

Château de Buzet en 1905
Château de Buzet en 1905

Deux ailes furent ajoutées au XVIIIe et XIXe siècle, et le village autour du château fut vidé de ses habitants (qui s’installèrent en contrebas) pour que les seigneurs puissent construire un parc qui existe encore de nos jours et inclut encore quelques ruines des anciennes habitations.

Le château traversa la révolution sans encombre, passant aux comtes de Beaumont en 1818 puis aux comtes de Noailles en 1852, et devint le cœur d’une grande

exploitation viticole mais la crise du phylloxéra ruina les châtelains, qui finirent par vendre le domaine en 1930.

Vers 1960, un entrepreneur démolit les deux ailes du château, y compris la chapelle funéraire des seigneurs.

En 2018, la coopérative des Vignerons de Buzet ont racheté le château pour en faire un lieu symbole de leur vignoble et de l’histoire de la région.

Pour aller plus loin sur l’histoire du site, retrouvez nos billets historiques dans la rubrique Actualités.

Les faits historiques que nous transmettons sur le château et son parc son issus de la recherche de Pierre Courroux, historien enseignant chercheur à l’université de Pau, grâce à un partenariat de deux ans entre la coopérative les Vignerons de Buzet et l’université de Pau, initié fin 2019.

Château de Buzet en 1905
Château de Buzet en 1905

Une ancienne exploitation agricole… et viticole !

Dans la 2e moitié du XIX e siècle, le comte Alfred de Noailles, alors chatelain, fait du château de Buzet et tout son domaine agricole de près de 500 ha, une exploitation agricole et viticole innovante. Cet ingénieur agronome, amoureux de Buzet et de viticulture, passe plus de 30 années à optimiser son exploitation agricole, et expérimenter de nouvelles pratiques en viticulture. Il installe ses propres chais et double la surface viticole de l’exploitation qui sera de 169 ha en 1885. La renommée du vin de Buzet va considérablement s’accroître et le prix du tonneau triple en 30 ans ! Le domaine fonctionne alors en autonomie : un potager vivrier sert à nourrir les domestiques et les travailleurs agricoles, la polyculture et l’élevage permettent de varier les sources de revenus et d’apporter du fertilisant naturel pour les vignes.

Les revenus générés permettent d’entretenir l’ensemble du domaine.

C’est aussi Alfred de Noailles qui achèvera la transformation du Haut-Buzet en parc, que ses prédécesseurs les Grossolles de Flammarens ont débuté au XVIIIe s.

Ses actions font écho avec les démarches actuelles de la coopérative Les Vignerons de Buzet, qui ne cesse d’innover sur son vignoble depuis plus de 15 ans, ainsi que le Laboratoire d’Innovation Territoriale créé en 2019, incarné par le site, pour impulser la transition agroécologique sur l’ensemble du territoire.

Vue de l'ancien potager

Un parc à « fabriques »

Le château de Buzet, c’est aussi et surtout son parc arboré préservé de 11 ha et ses fabriques architecturales. Le style du jardin s’apparente à un jardin anglo-chinois, dont les origines se situent autour de 1783, avec la présence de nombreuses fabriques, comprenant nymphées ou « grottes », pavillon de

chasse, glacière, vivier, et autrefois un pavillon chinois (aujourd’hui disparu mais dont on peut retrouver quelques reliques et des plans aux archives nationales).

Un parc protégé

Le parc du château de Buzet, c’est aussi un patrimoine vivant, avec la présence de nombreuses et remarquables espèces végétales, notamment des cèdres du Liban, Ormes, chênes vert, hêtres pourpres.

Le parc ayant été laissé à l’abandon depuis de nombreuses années par les anciens propriétaires, la biodiversité y est préservée. Le parc du château est en cours de labellisation Refuges LPO et ENS.

Vue du parc du château, vers le pont
Dessin d'Olivier Demangeat

Et demain ?

Le domaine, abandonné depuis de nombreuses années, a été acheté fin 2018 par la coopérative les Vignerons de Buzet. L’association Château & Fabriques de Buzet est gestionnaire du site depuis l’été 2019 et est actuellement en cours de réhabilitation et d’études dans l’optique de valoriser le site dans le territoire auprès du public, via des projets culturels,

pédagogiques et scientifiques liés à l’agroécologie viticole.

Le site n’est pas encore adapté à l’ouverture au public toute l’année, cependant, des ouvertures exceptionnelles sont prévues dans l’année. Toutes les informations sont disponibles sur notre site web, rubrique Actualités et les réseaux sociaux, et la lettre d’information de l’association.